Chabat A'haré-Mot Kédochim
🕯️🕯️20H37 - ✡️✡️✡️ 21H50
Vendredi 24 avril :
Min'ha à 19H30 suivi de kabalat chabat
Samedi 25 avril :
Cha'harit : 09H30 suivi d'un kidouch 🍷
Torah Café : Cours avec Menouha à 18H00
Cours de Réouven à 18H45
Min'ha à 20H15 suivi de séouda chlichit (Pirké Avot - 4ème chapitre)
Arvit : 21H40

Chabat chalom - Rav Itshak
La minute de Rav Itshak
Paracha A'haré Mot / Kédochim

Devenir saint sans quitter le monde
Les deux parachiot que nous lisons cette semaine semblent d’abord parler de deux univers très différents. Aharé Mot nous fait entrer dans l’intimité du service du Cohen Gadol, le jour de Kippour, au moment le plus solennel de l’année. Kedochim, elle, nous ramène dans la vie quotidienne : respecter ses parents, aider le pauvre, ne pas voler, ne pas médire, aimer son prochain.
Et pourtant, le lien est profond. La Torah nous enseigne que la sainteté ne se trouve pas seulement dans le Beth Hamikdash, dans le jeûne ou dans la prière. Elle se révèle aussi dans la manière de parler, de commercer, de regarder l’autre, de tendre la main, de se maîtriser.
Le verset central de Kedochim est célèbre : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Rabbi Akiva disait que c’est un grand principe de la Torah. Mais aimer son prochain ne signifie pas seulement avoir de beaux sentiments. Cela signifie faire attention à sa dignité, ne pas l’humilier, ne pas profiter de sa faiblesse, ne pas rester indifférent à sa souffrance.
Aharé Mot nous rappelle que l’homme peut s’élever très haut, mais Kedochim nous rappelle que cette élévation doit redescendre dans le concret. Après Kippour, après les grandes émotions spirituelles, la vraie question est : comment vais-je me comporter demain avec mon voisin, mon conjoint, mon enfant, mon associé, celui qui m’agace ou celui qui a besoin de moi ?
Un petit midrach illustre cette idée.
On raconte qu’un homme très pieux passait ses journées plongé dans l’étude et la prière. Un jour, en chemin vers la synagogue, il aperçoit un homme pauvre, fatigué, chargé de lourds sacs. L’homme hésite : s’il s’arrête pour l’aider, il arrivera en retard à la prière. S’il continue, il priera à l’heure… mais laissera cet homme en difficulté.
Il choisit finalement de continuer.
Arrivé à la synagogue, il prie avec ferveur. Mais cette fois, quelque chose semble bloqué. Sa prière ne monte pas comme d’habitude. Troublé, il interroge son maître.
Le maître lui répond simplement :
“Ta prière est restée là où tu as laissé cet homme.”
La Torah ne nous demande pas d’être des anges. Elle nous demande d’être des êtres humains capables de sanctifier le quotidien. Parfois, aider quelqu’un, sourire, écouter, vaut plus qu’un long moment de spiritualité détachée du réel.
C’est peut-être cela le message de ces parachiot : la sainteté n’est pas de fuir le monde, mais d’y faire entrer un peu plus de lumière.
Chabat chalom
