Chabat Nasso
🕯️🕯️21H24 - ✡️✡️✡️ 22H46
Vendredi 29 mai :
Min'ha à 19H30 suivi de kabalat chabat
Samedi 30 mai :
Cha'harit : 09H30 suivi d'un kidouch 🍷
Torah Café : Cours avec Menouha à 18H00
Cours de Réouven à 19H30
Min'ha à 21H15 suivi de séouda chlichit
Arvit : 22H35

Nasso
La parachat Nasso nous plonge dans la mission profonde du peuple juif dans le désert. Pourquoi Hachem nous a-t-Il fait vivre quarante ans dans un lieu vide, hostile et dangereux ? Nos Sages expliquent que le désert représente l’endroit des forces obscures, un lieu où la présence divine semble absente. Et justement, la mission d’Israël était de transformer ce désert en résidence pour la présence divine.
Comment ? En construisant le Michkan. Ce sanctuaire portatif montrait qu’aucun endroit n’est trop éloigné pour accueillir Hachem. Même au cœur du désert, il est possible de faire résider la sainteté.
Et ce rôle fut porté principalement par les Léviim. Dans notre paracha, la Torah détaille particulièrement les familles de Guerchon, Kehat et Merari. Chacune représente une manière différente de servir Hachem et de transformer le monde.
Guerchon vient du mot “guiroushin”, le fait de se séparer. Cela représente la première étape du service divin : s’éloigner du mal, repousser les influences négatives.
Merari vient du mot “mar”, l’amertume. Il ne suffit pas seulement de s’éloigner du mal ; il faut aussi ressentir une certaine amertume et un dégoût pour ce qui éloigne l’homme d’Hachem.
Enfin, Kehat signifie rassembler. C’est l’étape la plus élevée : remplir sa vie d’actions positives, de Torah, de mitsvot et de sainteté, jusqu’à rassembler toutes ses forces au service d’Hachem.
Ainsi, le Michkan n’était pas seulement un bâtiment transportable dans le désert. Il représentait un travail intérieur : repousser le mal, développer une sensibilité spirituelle, puis construire activement le bien. C’est ainsi que l’on transforme même le désert en demeure pour Hachem.
Chabat chalom - Rav Itshak
La minute de Rav Itshak
Paracha Nasso

Le secret de ceux qui portent les autres
La Paracha Nasso est la plus longue de toute la Torah.
Et pourtant, une grande partie de cette paracha semble… répétitive.
La Torah décrit longuement les sacrifices apportés par les chefs des tribus lors de l’inauguration du Michkan.
Un prince arrive. Il apporte son offrande.
Puis le lendemain, un autre prince apporte exactement la même.
Puis encore un autre.
Et ainsi de suite pendant douze jours.
À première vue, cela paraît incompréhensible.
La Torah, qui pèse chaque mot avec précision, aurait pu résumer tout cela en une seule phrase :
“Chaque chef apporta la même offrande.”
Pourquoi répéter douze fois le même passage ?
Le Midrach donne une réponse magnifique.
Les sacrifices étaient identiques extérieurement…
mais chacun portait une intention différente, une âme différente, une histoire différente.
Hachem ne regarde pas uniquement l’acte.
Il regarde le cœur qui se cache derrière l’acte.
Deux personnes peuvent accomplir exactement la même Mitsva…
et pourtant, dans le Ciel, ce ne sera pas du tout la même chose.
L’un prie par habitude.
L’autre prie avec un cœur brisé.
L’un donne parce qu’il en a les moyens.
L’autre donne alors qu’il manque déjà lui-même.
L’un sourit machinalement.
L’autre sourit alors qu’il traverse une épreuve immense.
Extérieurement, tout semble identique.
Mais Hachem voit l’invisible.
Et c’est peut-être cela, le grand secret de la Paracha Nasso.
Dans notre monde, nous avons tendance à mesurer les gens selon ce qui se voit :
la réussite, le statut, les apparences, la reconnaissance.
Mais dans le regard d’Hachem, la vraie valeur d’un homme se trouve souvent dans ce que personne ne voit.
Le père qui continue à porter sa famille malgré la fatigue.
La mère qui donne sans compter sans jamais réclamer d’honneur.
Celui qui vient à la synagogue même quand il traverse une période difficile.
Celui qui garde le sourire alors qu’il mène des combats intérieurs silencieux.
Celui qui aide discrètement sans publier, sans raconter, sans attendre de retour.
Le Midrach compare cela à quelqu’un qui porte les poutres du Michkan.
Personne ne regardait vraiment ceux qui transportaient les charges.
Les regards étaient tournés vers le Michkan lui-même, vers la beauté, vers la lumière.
Mais sans ceux qui portaient les poutres…
le Michkan n’aurait jamais tenu debout.
Il existe dans chaque communauté des personnes comme cela.
Des gens qui portent.
Qui soutiennent.
Qui maintiennent les choses en place dans le silence.
Et souvent, ce sont justement les plus discrets.
La Paracha Nasso vient leur rendre hommage.
Elle nous rappelle que dans le judaïsme, la grandeur ne se mesure pas au bruit qu’on fait…
mais au poids qu’on accepte de porter pour les autres.
Et peut-être qu’un jour, lorsque toutes les vérités seront dévoilées, nous découvrirons que les plus grands n’étaient pas forcément ceux qui étaient devant la scène…
mais ceux qui tenaient les murs pendant que les autres regardaient la lumière.
Chabat chalom
